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Chapitre 1 - Mensonges et Vérités

  Elle fut menée dans ce qui semblait être un palais. L'homme la guida d'un pas assuré à travers plusieurs couloirs, passant devant de nombreuses portes qui attisaient encore plus sa curiosité. Elle observait chaque détail avec de grands yeux ébahis : elle n'avait jamais rien vu de tel. Parfois, elle jetait des regards furtifs au mystérieux inconnu, qu'elle ne voyait maintenant que de dos.

  Après de longues minutes, ils arrivèrent dans une grande pièce, baignée de lumière. Les meubles — et surtout le lit à baldaquin — trahissaient une richesse remarquable. La salle semblait à la fois chambre et salon, prête à recevoir des visiteurs.

  L'homme quitta la pièce sans un mot, laissant la demoiselle seule. Peu après, une femme entra. Elle se présenta comme sa suivante, puis la fit se dévêtir pour la laver dans une grande étuve, dont l'eau restait mystérieusement chaude. Elle la coiffa avec soin, avant de lui faire revêtir une tenue adaptée à son ? statut ?.

  La demoiselle, incrédule, ne comprenait rien à ces soins ni à ce qu'on attendait d'elle. La suivante demeura silencieuse, refusant de répondre à la moindre question. Une fois s?re qu'elle avait tout ce dont elle avait besoin — eau et nourriture —, elle quitta la pièce en verrouillant la porte derrière elle.

  ???

  Les minutes s'égrenaient, se transformant peu à peu en heures. Plus personne ne vint rendre visite à l'adolescente, qui commen?a à se demander à quoi tout cela rimait. Sa curiosité céda lentement à la déception. Elle s'assit un moment, tentant de rassembler ses pensées et de faire le point sur les événements. Elle passa le temps comme elle put, seule, le silence seulement troublé par sa respiration.

  Les fenêtres illuminant la pièce ne semblaient pas pouvoir être ouvertes. Elles donnaient sur un jardin couvert duquel aucun bruit ne s'élevait — comme si même la nature retenait son souffle.

  Dans un coin de la pièce, elle trouva une bibliothèque. Les livres qu'elle contenait semblaient écrits dans une langue qui lui était inconnue. Elle essaya d'en déchiffrer quelques-uns, mais sans succès.

  Lorsque la faim se fit sentir, elle se tourna vers les plats qui lui avaient été servis. Pensant qu'elle n'avait probablement rien à craindre, elle go?ta malgré une certaine appréhension. Le raffinement et la variété des mets surpassaient tout ce qu'elle avait jamais go?té. Il y avait de tout : viande rouge et blanche, poisson, légumes cuisinés, accompagnements, fruits de mer… Des boissons diverses, dont du vin et de l'eau, complétaient le tout. Par prudence et en raison de son age, elle s'abstint de toucher à l'alcool.

  Les heures s'écoulèrent, et la lumière qui filtrait au travers des voilages s'amenuisa peu à peu, jusqu'à plonger la pièce dans une quasi-obscurité. La jeune fille alluma alors les chandelles et lampes à huile disposées un peu partout.

  à la nuit tombée, alors qu'elle se demandait encore pourquoi elle se trouvait là, la porte s'ouvrit enfin, et son c?ur bondit dans sa poitrine.

  ???

  Le visiteur n'était autre que le même homme qui l'avait amenée. Il referma la porte derrière lui. Imposant, elle n'osa pas ouvrir la conversation, mais il ne la fit pas attendre plus longtemps.

  — Bonsoir.

  Il s'approcha d'elle, mais s'arrêta en la voyant reculer d'un pas.

  — N'aie pas peur. Je ne te ferai aucun mal.

  A case of literary theft: this tale is not rightfully on Amazon; if you see it, report the violation.

  — Qui êtes-vous ? Pourquoi m'avez-vous amenée ici ? demanda-t-elle finalement. Pourquoi m'avoir fait changer de tenue ? De quel ? statut ? cette dame voulait-elle parler ?

  L'homme la regarda un instant sans rien dire, l'air pensif.

  — Je suis _____, Empereur de mon Empire. Quant à toi, ne sais-tu vraiment pas qui tu es ?

  — B-bien s?r que je le sais. Je ne suis personne. Ma famille n'a rien de spécial, et moi non plus…

  — As-tu vraiment vécu sans rien savoir? Tu t'appelles Cerena, et tes parents ne sont pas de simples roturiers, comme tu sembles le penser. Ton sang est précieux, et c'est la raison pour laquelle je t'ai cherchée.

  — P-pardon ? Je…je ne comprends pas… Cerena ? Je ne m'appelle pas…

  Troublée et saisie par le doute, l'adolescente ne put finir sa phrase.

  L'homme avan?a d'un pas, s?r de lui.

  — Tu es née princesse. Mais pas n'importe laquelle. Le pouvoir qui coule dans tes veines fait de toi l'unique personne au monde à pouvoir me donner l'héritier dont j'ai besoin.

  — Q-quoi ?! répondit-elle, interdite. Vous devez vous tromper. Ma famille n'est pas—

  — Elle t'a menti. Ceux que tu considères comme tes parents ne le sont pas.

  Un frisson parcourut le corps de la jeune fille, qui sentit son c?ur se serrer. Toute sa vie était-elle réellement fondée sur un mensonge ?

  — Ils t'ont certes élevée, ce pour quoi je leur suis redevable, poursuivit-il. Mais ils ne t'ont pas donné la vie. Ton pouvoir ne s'est pas complètement éveillé, pourtant, je le sens bel et bien présent. Il n'y a aucun doute possible.

  Elle tituba. Son visage était plus pale que d'ordinaire. Les paroles de l'homme la frappaient comme une dague en plein c?ur. Elle prit une grande inspiration, et demanda.

  — De quel… pouvoir… parlez-vous ?

  — Tu le sauras, en temps voulu.

  Elle fit une pause et réfléchit un instant, sans parvenir à chasser l'incompréhension.

  — Q-quoi que vous attendiez de moi… J-je… je refuse, dit-elle finalement, d'une voix tremblante.

  — Tu as peur. Pourtant, tu es là. Comme je te l'ai déjà dit, je ne te ferai aucun mal, tant que tu m'obéis.

  Il s'approcha, réduisant en un instant l'espace qui les séparait encore à tout juste quelques centimètres. Elle essaya de reculer davantage, mais elle était désormais dos au mur.

  — Malheureusement, je n'ai guère de temps à perdre. Pour ton propre bien, ce serait plus simple de l'accepter.

  — N-non ! Non, non, non ! Je refuse ! articula-t-elle en secouant la tête.

  Il prit une grande inspiration et soupira.

  — Je comprends.

  Terrifiée, la jeune fille croisa le regard de l'homme, qui resta planté dans le sien, immobile. Soudain, il baissa légèrement les yeux, comme s'il réfléchissait, et la tension entre eux sembla retomber. La demoiselle poussa un soupir de soulagement, sentant qu'il avait finalement renoncé.

  Mais au moment où elle détourna les yeux, elle eut un vertige, et se sentit basculer. Elle ressentit une brume chaude l'envelopper, puis, tout devint sombre.

  Quoi qu'il se fut passé ensuite, elle n'en garda pas le moindre souvenir.

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